Benoît Pype

Benoît Pype en résidence de création

Benoît Pype déplace et réinterprète un cadran solaire dans un contexte dépourvu de gravité qui met à mal son fonctionnement afin d’explorer l’évolution de notre perception du temps lorsque nos repères physiques sont perturbés.
À bord de l’Airbus zero-g, qui reproduit un état d’impesanteur par séquences de 22 secondes, Benoît Pype prévoit de détourner l’un des premiers objets conçus pour mesurer le temps, un cadran solaire. Le gnomon soumis à un mouvement perpétuel par l’absence de pesanteur déplace de manière aléatoire ses ombres sur les marques du cadran. L’objet devient alors métonymie de la perte de repères expérimentée par l’humain lorsqu’il quitte le contexte terrestre. L’outil est mis en échec dans son fonctionnement et semble trouver une surprenante autonomie poétique.

Benoît Pype s’applique à capter les manifestations quasi-imperceptibles des changements d’état de la matière en portant une attention toute particulière sur le familier, l’anodin. Successivement présenté pour la première session de Modules du Palais Tokyo à Paris en 2012, et l’année suivante à la 12e Biennale de Lyon, il est lauréat en 2015 du prix Fondation François Schneider. En 2025 il est résident de l'Observatoire de l'Espace du Cnes et participe à l'exposition collective le Cabinet d’art extraterrestre. Benoît Pype est docteur « Sciences, Arts, Création, Recherche » de l’Université Paris Sciences et Lettres, et a mené sa thèse à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, en coopération avec l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielless de la ville de Paris.