Modèles et représentations

1ere heure, prise de contact : l’Université de Nancy I, où les locaux et la salle de réunion ont des fenêtres donnant sur la ville de Nancy.

« Qu’est-ce qu’un scientifique exactement ? »

Dialogue avec Christian Dournon pour se familiariser avec la thématique et cerner les attentes…

Atmosphère sérieuse, la concentration est palpable. Il ne s’agit pas uniquement d’une expérience d’un transmetteur à un récepteur, il y a une volonté d’échange plus précise entre la recherche scientifique et la sensibilité artistique.

Spontanément se présentent questions et réponses sur les bases de la technique spatiale (lancements des fusées, orbite, micropesanteur, description de la station Mir ). Le rappel des bases techniques et matérielles occupe la matinée. Découvertes et premiers étonnements sur la contradiction entre la précision des manœuvres et les aspects éphémère ou aléatoire attachés à un matériel aussi minutieusement conçu.

« Donc dans une fusée, tout est jetable ?... »

Aspect humain au cœur des vols habités est privilégié par les « voyageurs  ». Des allusions sont faites aux traditions de Baïkonour, rituellement reconduites depuis Gagarine, et plus tard aux relations entre ingénieurs et scientifiques français et russes lors de missions.

Fin de la matinée : Après la description d’une mission habitée (du décollage au retour), prise de conscience d’un sentiment d’urgence lors des missions et d’un réel décalage entre le sol et l’Espace et les préoccupations de chacun. Notamment autour des difficultés de communication entre la station orbitale et la Terre.

 Quelles sont les manières de ne pas renforcer le stress des spationautes dans l’angoisse qu’ils ont de tenir leur emploi du temps ?

La notion de cyclogramme (emploi du temps) toujours évolutif est évoquée

Quelle est la chaîne de communication

Comment sont pilotées les réparations ? « ne jamais mettre l’opérateur en échec »

Les réflexions des participants poursuivent leur chemin propre …

Pause déjeuner  : La discussion se poursuit, informelle.

14h : Rencontre avec Valérie Legue. Susciter une réflexion autour d’un phénomène interrogé en micropesanteur. Le gravitropisme est le fait que les racines d’une plante poussent vers le centre de gravité de la Terre et la tige à l’opposé.

Découverte des premiers laboratoires, le côté scolaire perceptible le matin a disparu : l’exploration commence. Intérêt historique pour le phénomène. Questions inattendues pour les scientifiques…

Salle du clinostat : le deuxième centre d’intérêt des « voyageurs  » s’inscrira dans la continuité de ces deux jours  : l’aspect matériel et technique. Les yeux découvrent les objets, puis nos « voyageurs  » touchent, ouvrent des portes et interrogent sur le fonctionnement des appareils, plus que sur l’expérience. L’agitateur orbital fascine. Les modalités de l’expérience sont questionnées : dissymétrie de l’exposition lumineuse ; « effet cage ».

15h  : le thème principal de la gravité ou l’absence de gravité anime tout le monde et est toujours présent dans les questions. Comment la gravité ou l’absence de gravité induit une réaction de la plante ?

Certain mot retiennent plus particulièrement l’attention des voyageurs

Stress, adaptation…

Les plantes sont  "stressées"  comme nous ? Est-ce que la mise en microgravité est un stress et comment ce stress se traduit ?

L’indicateur du stress est la libération du calcium dans la plante. Fluorescence…auto fluorescence et fluorochrome, les molécules excités restituent la lumière pour retrouver leur état, la fluorescence permet d’identifier la présence de la molécule.

Manipulation du microscope confocale avec son laser à argon ; instrument de rencontre entre la biologie des plantes et la géo-microbiologie de Christian Mustin. La volonté de travail interdisciplinaire est ainsi concrétisée.

La cohérence des voyages est mise en lumière quand est abordée la question du matériel automatisé en vol. Ce sera le thème du prochain voyage.

Avec Christian Mustin , au LIMOS, nouvelle notion de vie et de dimensions.

16h30  : Présentation de la vision de l’exobiologie : exportation des modèles connus sur Terre sur une autre planète. Comment , dans différents milieux, se sont développés des micro-organismes ? Comment la vie s’est installée sur une planète ? Comment trouver d’autres modèles ?

17h : Présentation des notions de cortège ou plus précisément de « consortium microbien », pour un phénomène coopératif et un partage des tâches (entre différents colonies de microorganismes, entre celles-ci et les plantes…). Notion importante pour les bio signatures.

Salle dite « du réacteur » (biologique) : Christian Mustin nous dévoile qu’il n’existe aucune échelle de temps commune pour les bactéries,
Il s’agit d’une nouvelle perception de la question de vie et de mort, de temporalité, de la représentation que nous pouvons avoir de la vie et de ses entités. Le sujet est étonnant, encore plus quand les voyageurs prennent conscience que la représentation d’une bactérie reste abstraite, même au niveau moléculaire.

Fluorescence, signal lumineux comme « sémaphore »…retour sur le sujet avec la notion de détectabilité traces de vie dans un milieu inconnu. Comparaison avec une toile impressionniste, de près un pixel ne signifie rien, il faut voir l’ensemble, savoir ce que l’on regarde , problème de la définition des traits essentiels caractérisant l’activitédes microorganismes.

Des bactéries vieilles de plus de cent millions d’années réactivées ; d’autres qui se nourrissent de métaux ; qui vivent dans des conditions extrêmes…toute une faune explorée en tubes, bocaux, boites de Piétri, centrifugeuse.

« Rien n’est proie de la mort, tout est proie de la vie » (Antoine Béchamp contre Louis Pasteur).

« Quels rêves circulent à partir de ces études ? » L’intelligence moléculaire, " l’état de satisfaction" …

 Question de la détection des flux électriques…

Evocation de l’importance de l’hétérogénéité temporelle (hétérarchie)…