| Cette première journée débute dans une zone d’activité de la campagne toulousaine, à la COMAT, société de Concept Mécanique Assistance Technique, filiale de EREMS, créatrice de prototypes pour les recherches spatiales, pour l’ESA et la NASA, et par ailleurs pour le CEA. Les locaux neufs sont en cours d’installation et sujets à photographies dès l’entrée des voyageurs. Premières impressions : effervescence et curiosité face à des pièces, des instruments ou des appareils réalisés confrontés à des milieux sévères », ainsi qu’à une activité soumise à une rude concurrence belge, espagnole ou italienne.
Visite des locaux en suivant la chaîne de production des matériels : de la conception par le bureau d’études en CAO (logiciel CATIA) aux bureaux de simulation et aux ateliers de fabrication. Toutes les actions sont simulées avant la réalisation. L’accent est mis sur la qualité de l’organisation de l’entreprise. Les services sont tous liés informatiquement pour une plus grande fonctionnalité.
Les ateliers :
Machines-outils de tournage et de fraisage conventionnelles ou numérisées se déploient dans un grand atelier et côtoient des bancs de métrologie où les pièces usinées sont contrôlées au micron près. Certaines de ces machines-outils, en cours de fonctionnement, complètement automatisées, choisissent leurs outils et fascinent les visiteurs.
Durant les premières heures de la visite, les matériaux, nombreux et sous différentes formes, attirent les questions.
Cette journée est volontairement placée sous le signe des échanges, par les voyageurs qui cherchent à partager leurs réflexions autour des découvertes du jour. La présentation de la COMAT met en valeur l’interdisciplinarité présente depuis le début de l’aventure.
Les salles blanches ou salle d’assemblage et d’intégration :
Les voyageurs entrent dans une salle blanche en sur pression pour chasser les particules vers l’extérieur et garantir la fabrication ou les tests de matériel sain. Chaussés de protections, c’est la découverte d’un nouvel univers et…photographies interdites ! Du matériel pour l’armement montre un exemple des dérivés de prototypes de caissons de transport spatial biologique, hyper-résistants, thermo-régulés, assurant une traçabilité des conditions subies, à l’image des incubateurs spatiaux « Kubik » ou les « yellow box » déjà évoqués dans le voyage.
De manière plus spectaculaire, une grande centrifugeuse avec 4 bras et 4 caissons trône au milieu de la salle, fabriquée pour une recherche universitaire à venir sur les effets de la gravité (de 0 à 2G) sur des rongeurs : elle devrait permettre d’étudier les possibilités de « remusculation » pendant les longs voyages spatiaux, ainsi que le phénomène de décalcification.
Une salle d’essais thermiques, permettant de recréer des milieux allant de -20 à 60°, assez rare au monde, intégrant du matériel déjà aperçu à Nancy, clôt cette partie de la visite.
Une autre salle, en sur pression 10 fois plus forte et dédiée au spatial, aurait nécessité pour la visite des voyageurs, non seulement l’usage de protections aux pieds, mais également d’une blouse et d’une charlotte. Par une vitre, on y découvre une activité méticuleuse.
Fonctionnalité : « pour une petite fonction sur Terre, on a une fonction "comme ça" dans l’Espace » et les voyageurs découvrent que chaque matériel est unique, nécessitant en moyenne 1 m de documentation pour chaque kg envoyé dans l’Espace.
Pour les voyageurs, créateurs artistiques, c’est la découverte d’une source d’hypothèses les plus improbables sur du nouveau matériel.
La découverte de la COMAT ouvre de nombreuses interrogations sur les traductions des matériels et des expériences dans l’Espace : les questions des voyageurs durant la journée sont de plus en plus précises sur les conditions de vie en orbite et les difficultés matérielles à résoudre pour mener à bien expériences et tâches quotidiennes.
Le rôle de la COMAT semble difficile à percevoir : « qu’est-ce qu’une pièce a de spécifique pour passer par la COMAT ? »
Les voyageurs ont visionné plusieurs documents audiovisuels, et ont découvert la diversité des productions réalisées ou à venir, avec, chaque fois leurs problèmes spécifiques. |