Source d’inspiration ou de révélation pour certains, les fruits sont pour les spationautes un moyen simple de dé-montrer la réalité de l’impesanteur. © NASA

 

" Abricot "

La pomme, au travers de la rêverie de Newton au XVIIe siècle, est devenu le fruit de la gravitation ; l’orange, sous l’effet des premières fictions astronautiques, fut transfigurée par Eluard en 1929 en Terre bleue. Mais l’abricot ? Sa couleur, sa pulpe, son noyau, ses états desséchés ou compotiers, auraient-ils quelques liens avec l’Espace autres qu’en bouchées équilibrées pour des spationautes soumis à des régimes alimentaires strictes de la part de nutritionnistes attentionnés ?

 
 

Les mêmes techniques spatiales permettent de suivre par satellite et de préserver un certain nombre d’espèces animales comme les tortues luth. © CNES

 

" Amour "

À première vue, l’aventure spatiale semblait dans ses premiers exploits bien éloignée de tout amour de la nature et l’installation d’une base spatiale dans la forêt équatoriale n’était pas obligatoirement l’indice d’une réconciliation. Pourtant, écoutez les protecteurs des tortues luths qui leur posent des balises Argos pour mieux comprendre leurs migrations et les protéger ; Entendez les Indiens qui utilisent l’imagerie satellitaire pour dénoncer la déforestation ;
Suivez le raisonnement des climatologues qui, mesures altimétriques à l’appui, prédisent un sombre avenir à la Terre. N’est-ce pas l’amorce d’un changement ?

 
  Les activités spatiales n’échappent pas aux erreurs humaines : des satellites ont parfois été endommagés, comme ici le satellite Mishap tombé de sa plate-forme chez Lockheed-Martin pour un simple « oubli de boulons ».
© NASA
 

" Bachi-bouzouk "

Dans On a marché sur la Lune paru en 1954, le Capitaine Haddock insulte Jorgen, alias
le colonel Boris, le passager clandestin qu’il découvre. C’est un mercenaire qui après
avoir échoué à détourner la fusée du professeur Tournesol pour le compte d’une puissance ennemie, réussit, avant d’être tué, à mettre en péril le retour de la mission.
Comment ne pas imaginer un monde de l’Espace où il faudrait maîtriser toutes sortes de bachi-bouzouks : touristes maladroits, ordres mal interprétés, programmes informatiques détournés, entités biologiques mal contrôlées, etc… ?

 
  La barrette CCD, qui capte l’image, est le coeur des instruments d’observation équipant les satellites de télédétection civils ou militaires. Les performances de ces bijoux technologiques n’ont cessé de s’accroître pour offrir aujourd’hui des résolutions en dessous de 50 cm pour les satellites militaires. © D.R.  

" Bijou "

Les accords de coopération signés en 1966 entre la France et l’URSS permirent aux scientifiques français d’embarquer des instruments scientifiques sur de robustes satellites soviétiques. On peut se demander si un des aspects des accords de coopération scientifique conclus avec l’Ouest n’était pas de passer outre aux limitations de licence d’exportation pour s’offrir des bijoux sensibles tels les détecteurs infrarouges, certes utiles pour l’observation de l’univers, mais aussi pour différentes applications militaires ? De fait, l’Espace regorge de ces bijoux qui attisent une certaine convoîtise !

 
  Des objets célestes observés pourraient-ils ne pas exister ? Sur cette image de l’Univers profond acquise par le télescope spatial Hubble, les corps célestes entourées d’un trait sont des « mirages gravitationnels » dus à une déviation des rayons lumineux provoquées par la présence d’objets extrêmement massifs.
© NASA
 

" Bizarre "

Une des qualités d’un scientifique est de savoir s’interroger sur le résultat bizarre d’une expérience ou d’une observation au regard d’un objectif initialement assigné. Ainsi, la bizarrerie des signaux parasites uniformément captés dans l’univers par une antenne de réception normalement dédiée à un satellite de télécommunication, Telstar, a été résolue en l’identifiant comme la signature du rayonnement
« fossile » du Big-Bang. Combien de bizarreries ont engendré de surprenantes découvertes ?


 
 
Les tenues de spationautes n’ont pas échappé aux élucu-brations créatives des stylistes, cinéastes ou dessinateurs en tout genre. (Buck Roger, personnage de bande dessinée, combinaison utilisée par l’aviateur Wiley Post pour battre le record d’altitude en avion, combinaison spatiale des astronautes des capsules Mercury (1960 – 1963) et projet de scaphandre lunaire d’une forme assez extraordinaire). © D.R.
 

" Chic "

Il y eut le chic du design « space opéra » des années 60 pour créer lampes, radiateurs ou aspirateurs futuristes. Dans les années 80, lorsque la France souhaita posséder des spationautes, il était du dernier chic de participer à cette sélection ; beaucoup s’y attachèrent de différentes manières et ne reculèrent devant aucune procédure, ni difficulté dans la constitution de leur dossier. Mais comment les éclaireurs de la mode doivent-ils imaginer l’avenir quand s’affirme à nouveau le chic de devenir spationaute, mais cette fois en touriste ?.

 
 
Image de la nébuleuse du Clown acquise par le télescope spatial Hubble en 2000. © NASA
 

" Clown "

En 1784, à partir de l’Angleterre, le compositeur et astronome d’origine allemande Herschel découvre une nouvelle nébuleuse planétaire, résultant de l’explosion d’une étoile mourante. Située dans la constellation des Gémeaux, ayant l’apparence d’une tête avec un gros nez au centre (les restes de l’étoile) et une parka (la matière éjectée), elle est surnommée la nébuleuse du Clown ou encore Eskimo. Pour une raison rarement explicitée, elle fut le premier objet observé le 24 janvier 2000 par le Hubble Space Telescope après la mission qui l’a réparé en décembre 1999. Cet anthropomorphisme s’est rencontré de multiples fois dans l’exploration du système solaire..

 
 
Malgré tous les systèmes d’amarrage assistés, l’accostage d’un vaisseau spatial se fait aussi manuellement. Toute erreur d’appréciation de distance, comme ici sur la station Mir, peut provoquer des collisions dangereuses pour les équipages. © NASA
 

" Mètre "

Lorsque la sonde américaine Mars Climate Orbiter s’est égarée dans la banlieue martienne, les contrôleurs au sol n’ont pas trouvé tout de suite la raison de cette erreur. Après avoir évoqué de nombreuses hypothèses, ce n’est que plus tard qu’ils se sont aperçus enfin de la confusion que pouvait entraîner l’usage simultané des mètres et des pieds en terme de décision pour apprécier les distances dans l’Espace. Comment cela a-t-il pu se produire et se détecter ? D’autres confusions ou incertitudes ont-elles conduit à des incidents spatiaux ?

 
 
47 ans après le premier bip de Spoutnik ce sont des satellites militaires guère plus gros qui permettent aujourd’hui d’intercepter les radiocommunications. C’est le cas de ces satellites français Essaim lancés en décembre 2004. © CNES/Illustration D. Ducros
 

" Passe-partout "

Pour Phileas Fogg dans Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne, et pour Jean Cocteau dans Mon premier voyage, Passepartout est le fidèle
« compagnon de route », qui se dit « Spoutnik » en russe. De ce Spoutnik initial à tous les satellites qui lui ont succédé en orbite terrestre, c’est autant de
« passe-partout » qui se jouent de toutes les frontières terrestres. Dès lors, quels règlements appliquer quant à l’observation des territoires ou, résolution aidant, de la vie privée de chacun ? Le Traité de l’Espace signé à l’ONU en 1967, relatif au contrôle de la militarisation de l’Espace, était supposé répondre à ces interrogations. Mais avec quelle efficacité ?

 
 
C’est grâce à un ballet rotatif constant que les habitants des futures colonies spatiales retrouveront dans l’espace une gravité indis-pensable à la vie quotidienne.
© NASA/Illustration Rick Guidice
 

" Valser "

Par facilité, on pourrait dire que le spatial, c’est savoir valser ! Des nuances s’imposent : certains satellites présentent la même face à la Terre et font plutôt une « simple ronde », cherchant surtout à rester stables grâce à leurs gyroscopes, leurs senseurs stellaires et leurs moteurs d’appoint. Par contre, un tournoiement maîtrisé est obligatoire pour ceux qui par ce moyen scannent la planète, ou encore pour les stations orbitales qui, dans les récits de fiction, généreraient ainsi une gravitation artificielle. D’autres usages de ce tournoiement dansant existeraient-ils ?