Le vaste programme de la Station spatiale internationale a conduit des astronautes de tous horizons à s’entraîner, travailler et vivre ensemble, tel cet équipage qui a participé à la construction de la Station spatiale internationale en 1998. © NASA
 

" Accent "

Depuis les premiers mots lâchés en russe en 1961 dans l’Espace circumterrestre par Youri Gagarine, les multiples vols spatiaux qui ont emporté des cosmonautes, des spationautes, des astronautes et des taïkonautes ont fait résonner l’orbite terrestre des différents accents des langues de la Terre. Assurément, les messages adressés à leurs collègues, proches, et parents ont gardé trace de cette diversité !

 
   
 


Des instants de détente à caractère culturel aux jeux étonnants qu’offre l’état permanent de micropesanteur en passant par les séances photographiques impossibles sur Terre la vie des spationautes est parfois plus légère qu’il n’y paraît. © NASA

 

" Badinage "

Durant l’aventure spatiale et ses différentes péripéties, la difficulté des opérations, le risque omniprésent, la rareté du temps disponible fait qu’on n’a droit, paraît-il, qu’à des conversations efficaces et que la plaisanterie n’aurait pas droit de cité. Si l’on en juge par les portraits et les instants de vie diffusés sur les télévisions lors des vols spatiaux, l’état de micropesanteur semble propice à toute sorte de badinages. Ces moments seraient-ils joués, conçus et répétés hors antenne selon des scénarios qu’il reste à découvrir ?

 
   
 
Les ascenseurs spatiaux, véhicules atypiques de transport dans l’espace, permettront à un plus grand nombre de voyageurs d’atteindre des escales lunaires ou en orbite terrestre. © NASA
 

" Escale "

La lune, sa conquête dans les années soixante, fut la première étape d’une aventure sans pareille qui tomba ensuite quelque peu dans l’oubli. Aujourd’hui, comme la Station spatiale internationale, elle est considérée comme une escale possible dans la perspective d’un futur voyage habité vers la planète Mars. Lors de la concrétisation de ces astroports et de leur mise en service, les contrôleurs de ces escales tiendront un journal indubitablement étonnant.

 
   
 
Chaque année, à la mi-novembre, notre planète traverse dans sa course le nuage de poussières engendré par la comète Temple-Tuttle. Ce sont les Léonides : un spectacle de 15 étoiles filantes par heure en moyenne. © D.R.
 

" Flamboyant "

La rentrée dans l’atmosphère de météorites ou d’engins spatiaux se produit avec de tels échauffements que souvent ils en deviennent flamboyants, au point parfois de se désintégrer. Ces moments font donc l’objet d’observations, d’études et de rapports considérables transmis entre divers spécialistes. A l’instar des autres domaines, il en existe sûrement de très originaux !

 
   
 
Dans sa course à la connaissance, l’humanité a essaimé dans le cosmos une quantité importante d’instruments scientifiques, tel ce réflecteur laser installé sur la Lune
en 1971. © NASA
 

" Hôte "

L’orbite géostationnaire, la Lune, Mars, Vénus, Titan, et quelques comètes constituent un ensemble de territoires extra-terrestres caractérisés par la présence de plus en plus nombreuse et parfois concurrente d’émissaires terrestres tels des satellites, des sondes, des rovers, des miroirs, des drapeaux et autres symboles. Tant que ces hôtes d’un genre particulier remplissent leurs fonctions scientifiques ou symboliques, ils génèrent informations, mesures, et images. Imagine-t-on la somme et la diversité de correspondances engendrées par cette drôle de population ?

 
   
 
C’est une planète aux mille facettes que nous ont révélées les nombreux instruments scientifiques satellisés pour en découvrir les mystères. © Meteofrance, CNES, Université d’Iowa
 

" Kaléidoscope "

Ultraviolet, infrarouge, gamma, X, la succession des observations dans les différents domaines de longueur d’ondes permis par l’observation spatiale, depuis qu’elle s’est affranchie de l’atmosphère terrestre, a produit une vision kaléidoscopique du monde. Les lettres ou courriers électroniques échangés au sein de cette population d’observateurs construisent petit à petit un kaléidoscope des connaissances.

 
   
 
Lorsqu’ils sont dans l’espace, c’est grâce à leur costume que les acteurs du spatial doivent leur survie, comme ici le spationaute Philippe Perrin lors du vol STS-111 à bord de la Station spatiale internationale.
© NASA
 

" Masques "

Les voyageurs de l’Espace au fil du XXe siècle ont constitué une réelle tribu avec ses rites et reliques : la tenue de spationaute avec son casque et ses gants a acquis la même valeur que les masques africains ou océaniens que nous exposons précieusement dans les musées ; un ethnologue collecterait des récits bien particuliers au sein de cette drôle de peuplade.

 
   
 
Cette image du télescope spatial Hubble, montrant «l’univers profond», constitué de multiples galaxies, restera sans doute la première représentation de l’ultime frontière de notre Univers. © NASA
 

" Outre ciel "

La frontière entre la Terre et l’outre ciel fut continuellement déplacée : d’un monde sublunaire, elle recula aux confins du système solaire pour finalement englober l’univers et en définitive seulement signifier la progression infime de l’homme dans un domaine plus vaste qu’il ne pouvait le concevoir. De cette frontière qui ne démarque aucune limite avec un autre monde mais qui indique seulement la progression d’un désir, quelles nouvelles devons-nous en attendre ?

 
   
 
Les vulgarisateurs invétérés, comme Ananoff, ont joué un rôle décisif pour promouvoir les activités spatiales auprès du grand public. © Musée de l’Air et de l’Espace
 

" Soif "

Des pionniers de l’astronautique aux jeunes générations nées avec le premier bip-bip du Spoutnik, la curiosité pour l’Espace ne s’est jamais démentie : courriers échangés entre «astronautes» du début du XXe siècle ou amateurs de missions spatiales rendent compte de cette soif inextinguible.

 
   
 
L'Histoire témoigne de nombreux passages de comètes. Notre connaissance a progressé par des observations in situ lorsque la sonde spatiale Giotto s’est approchée en 1986 de la comète de Halley à près de 500 km. © ESA
 

" Tresser "

Les mesures réalisées au sol, les observations effectuées dans l’Espace ou depuis l’orbite terrestre et les modèles numériques de plus en plus sophistiqués, élaborés par des générations de scientifiques tressent d’un même lien, celui de la curiosité, de la puissance et du savoir, le rapport de l’homme à son univers. Qui s’attellera à retrouver l’ensemble des écrits qui témoignent du passage de relais entre ces pionniers de différentes générations ?