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L'Espace : Patrimoine culturel
Pris dans son sens
le plus large, l’Espace est un formidable levier
permettant de soulever des questions fondamentales touchant
à notre univers, à la façon dont
nous l’explorons et le comprenons, mais aussi
à la manière dont cette aventure transforme
nos habitudes, notre mémoire, et nos représentations
du monde. Les traces matérielles de cette investigation
constituent un patrimoine que l’Observatoire de
l’Espace souhaite mettre en lumière à
l’occasion des prochaines Journées Européennes
du Patrimoine.
En complément de la manifestation portes ouvertes
qui se tiendra au siège du CNES, une action en
réseau avec de nombreux partenaires culturels
est en construction au niveau français et européen.
Différents établissements, dont des musées,
muséums, centres d’archives, ou encore
bibliothèques mettront en avant au cours de ces
Journées une pièce de leurs collections
et l’accompagneront d’un récit qui
aidera à replacer l’élément
patrimonial dans son contexte, tout en explicitant son
lien à l’Espace.
Ces Journées Européennes du Patrimoine
seront l’occasion de mettre à jour la grande
diversité du patrimoine spatial, dont une typologie
est présentée ci-après. A l’issue
de la manifestation, une vision plus précise
de son périmètre pourra se dessiner, ainsi
qu’une réflexion sur la façon de
le partager avec un public toujours plus vaste.
Panorama
du patrimoine spatial
Au cours de sa réflexion sur le patrimoine lié
aux activités spatiales, l’Observatoire
de l’Espace de CNES a identifié des éléments
d’une grande diversité :
•
Le patrimoine instrumental
est une composante essentielle de cet ensemble, il rassemble
les objets et le matériel scientifique ou technique
en lien avec les activités spatiales. En rattachant
les pratiques spatiales contemporaines à des
problématiques générales et donc
antérieures à l’ère spatiale,
on est amené à faire figurer dans ce groupe,
« au second degré », certains instruments
historiques en tant qu’ancêtres de nos outils
modernes. Ainsi, les sextants, anémomètres,
marégraphes, bagues ornithologiques, lunettes
longue vue trouvent leur place dans cette catégorie.
•
Le
patrimoine immobilier, qui est la forme
patrimoniale la plus généralement reconnue,
figure naturellement dans ce panorama, car le développement
des activités spatiales a nécessité
la construction d’installations spécifiques,
dont certaines ne sont plus aujourd’hui en service,
et sont pour partie classées monuments historiques.
•
Le
patrimoine documentaire rassemble les
diverses images et données recueillies à
l’occasion de programmes spatiaux, ainsi que les
objets de représentation qui en sont issus, comme
les cartes, ou encore des observations anciennes si
l’on intègre la continuité historique.
Il comprend également divers modèles scientifiques
élaborés sous forme logicielle. On lui
rattache aussi les plans techniques, scientifiques ou
territoriaux en lien avec des éléments
du patrimoine instrumental ou immobilier, ainsi que
les traités diplomatiques signés autour
des activités spatiales, etc. La forme des éléments
est diverse : textes, iconographie, documents sonores
ou audiovisuels, documents informatiques.
•
Nous
avons ensuite rassemblé sous le terme «
exo patrimoine » les
objets provenant de l’espace, ou pour lesquels
un séjour dans l’espace a induit une modification
significative et spécifique: ainsi les matériaux
solidifiés en microgravité, qui présentent
des structures particulières ou les micrométéorites
collectées dans l’Espace.
•
Le
patrimoine vivant ou naturalisé
rassemble les animaux touchés par les activités
spatiales. Il comprend les animaux sujets d’expérimentation
dans le cadre d’études physiologiques ou
biologiques en lien avec des vols spatiaux, mais aussi
les animaux suivis dans leur milieu naturel. Dans un
sens large, les représentant des espèces
considérées seront admis dans ce patrimoine.
Les activités génératrices
de patrimoine
Les
domaines d’activité auxquels se rattachent
ces éléments sont également variés
: on trouve tout d’abord le domaine des «
Engins et Transports »,
depuis les débuts des activités aéronautiques
jusqu’à la construction de lanceurs ou
de navettes.
On
trouve ensuite les « Techniques et
Moyens », domaine rassemblant les
études technologiques utilitaires telles que
l’énergétique, le positionnement,
les télécommunications, etc.
Dans
le domaine des sciences fondamentales, nous avons opéré
les regroupements suivants : le terme « Univers
» rassemble l’astronomie, l’astrophysique,
mais aussi la planétologie. « Terre
» réfère à la géologie,
l’étude du magnétisme, la minéralogie,
mais aussi l’océanographie et la météorologie.
Enfin, « Vie »
comprend la biologie et l’exobiologie, la physiologie
humaine, la zoologie, la botanique, l’étude
des milieux.
Par
opposition à ces études qui répondent
à une démarche scientifique, le domaine
« activités humaines
» regroupe les usages finalisés ou économiques
du spatial : ainsi les télécommunications,
l’aide à gestion de ressources, les systèmes
de contrôle et de gestion des risques.
Enfin
le dernier domaine identifié est celui des «
activités de défense et de
souveraineté », reprenant
la composante militaire de certaines activités
et soulignant le rôle déterminant des enjeux
de souveraineté dans l’essor du spatial.
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