National
Maritime Museum
Ses collections illustrent comment la compréhension de
l’Univers a évolué au cours des siècles
Park Row, Greenwich, Londres, SE10 9NF
Tel : + 44 (0) 20 8858 4422
www.nmm.ac.uk
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L'objet:
Sphère
armilliaire
Sphère armilliaire flamande de 1568
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Le récit :
Récit par Gloria C. Clifton, conservatrice
de la collection d’instruments astronomiques anciens
To
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Sphère armillaire par Arsenius Gualterus (1568)
« La sphère armillaire est un modèle des cieux basé sur les théories de Ptolémée (environs 85 – 165 après JC). Claude Ptolémée était un astronome et géographe grec qui vivait à Alexandrie en Egypte.
Ce modèle place la Terre au centre des anneaux (« armillae » signifiant anneaux en latin) et représente divers phénomènes astronomiques, comme le trajet apparent du soleil sur la voûte stellaire, l’écliptique, le trajet des planètes et l’équateur céleste. Un certain nombre de petits pointeurs montrent les positions relatives de certaines étoiles brillantes. L’instrument pouvait être utilisé pour démontrer la théorie de la structure de l’univers ou pour faire des calculs sur différents phénomènes astronomiques. Il possède en outre un mécanisme de trépidation qui sert à démontrer les précessions des équinoxes, ce qui est très rare dans ce type d’instruments. Arsenius en a lui-même réalisé trois autres dotés de la même fonction : l’un est enregistrée au Planétarium Adier à Chicago et date de 1562, le Bayerisches Nationalmuseum de Munich en possède un de 1573, et enfin, les Musées Royaux d'Art et d'Histoire en conservent un autre de 1575 au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles.
Ce modèle montre l’état des connaissances en astronomie au début du seizième siècle. De façon graduelle, nos représentations du système solaire sont passées d’une vision géocentrique vers une série de nouvelles théories sur la structure de l’univers, les premières élaborées à partir d’observations et de modèles mathématiques, les suivantes grâce l’envoi de sondes et de missions humaines dans l’espace. La collection du National Maritime Museum et de l’Observatoire Royal de Greenwich permet de suivre cette évolution.
On en sait peu sur le fabricant de la sphère, Gualterus Arsenius, un membre important d’une famille de graveurs et de fabricants d’instruments qui oeuvraient à Louvain dans les Pays-Bas vers le milieu du seizième siècle. Dans les inscriptions gravées sur les instruments qu’il fabriquait, Gualterus se décrit comme le neveu du médecin et mathématicien Gemma Frisius de Louvain. Cependant, ce lien de parenté n’a jamais pu être prouvé et pourrait simplement être un argument commercial mis au point par Arsenius. Gemma Frisius a écrit de nombreux ouvrages sur les instruments, mais son activité principale était celle de professeur de médecine à l’Université de Louvain. Le plus ancien instrument fabriqué par Arsenius dont on ait trace est un astrolabe de 1554, réalisé quelques années après le départ de Louvain de Mercator, lui-même élève de Frisius. A l’évidence, Arsenius a été influencé par Gemma Frisius et Mercator. Ses gravures sont directement dans la lignée du style de Mercator et la facture de ses instruments est typique de la tradition de Louvain. Cependant, les talents d’artisan de Arsenius ont élevé l’art de la fabrication des instruments à des sommets et il n’est pas surprenant qu’il ait été sollicité pour réaliser une grande variété d’instruments mathématiques pour un grand nombre de clients, notamment le roi Philippe II d’Espagne.
Cette sphère armillaire a été offerte au National Maritime Museum en 1836 par le riche armateur Sir James Caird qui l’avait lui-même acheté au marchand londonien Maggs. Auparavant, il faisait partie à la collection Léo Goldschmied et il a été exposé au Musée des Arts Décoratifs, au Palais du Louvre à Paris, en mars - avril 1936.
[Note : pour une description complète de l’instrument, il est possible de consulter celle faite par E. Dekker dans l’ouvrage Globes at Greenwich: a catalogue of the globes and armillary spheres in the National Maritime Museum, Greenwich, Oxford University Press, 1999] »