Musée de l’Espace de Kourou

Outil d’aide à la vulgarisation des sciences, non seulement spatiales, mais aussi des applications scientifiques en général et celles adaptées à l’environnement guyanais.

Centre Spatial Guyanais – Rond Point de l’Espace, 97310 KOUROU
Tel : +33 (0)5 94 33 53 84

www.cnes.fr/html/_1016_.php

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L'objet:

Site de lancement

Site de lancement des fusées sondes en Guyane Française. 1968

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Le récit :

Récit extrait du témoignage de M. GRUAU : ancien Directeur du CSG (75-77) et ancien Inspecteur général du CNES.

Une première mission chaotique :

«1968 : je viens assister au second lancement de la fusée-sonde Véronique. Le hasard avait voulu que je sois le seul représentant du Centre Spatial de Brétigny à pouvoir venir.
Je suis donc arrivé à Kourou après un voyage dont la moitié du temps a consisté à faire Paris-Cayenne et l’autre moitié Cayenne-Kourou.
Je me souviens notamment du bac sur le Kourou, ensablé, attendant que la marée remonte pour pouvoir se dégager.

M. Kramer m’a reçu de façon royale au Ranch, en me disant : « Vous représentez le Centre spatial de Brétigny, cela vous donne des droits mais aussi des devoirs. » Je lui demandai alors en quoi consistaient mes droits. « Le droit de partager avec moi la petite lucarne du blockhaus fusée-sonde pour voir partir la fusée Véronique. Cette lucarne est unique et mesure 60 cm de long sur 10 cm de large » m’a t-il répondu. « Et les devoirs ? », m’inquiétai-je « Je vous demanderai de prononcer devant l’ensemble du personnel une conférence sur les futurs satellites de télécommunication qui quitteront Kourou ». Le personnel, en l’occurrence, c’étaient les 3000 ouvriers qui travaillaient sur le chantier CSG et de la ville de Kourou.

J’ai donc assisté au lancement de la deuxième Véronique pendant une seconde et demie, le temps qu’elle quitte la fenêtre et ensuite, j’ai cherché à préparer tant bien que mal une conférence sur le sujet proposé. Le jour de la conférence, je me suis retrouvé, très impressionné, face à des centaines de personnes, les ouvriers du chantier, bières à la main, cigares aux lèvres. Le tout dans une pagaille monstre, dans la salle dite « polyvalente » de Kourou. M. Kramer, en claquant des doigts et en sifflant, a obtenu le silence, puis a présenté un conférencier qui était dans ses petits souliers. Pendant 20 ou 25 minutes j’ai balbutié sur des satellites de télécommunications que je ne connaissais pas, qui seraient lancés je ne sais trop comment, avec une technique du Centre Spatial dont je n’avais aucune idée…
Quand j’eus fini mon exposé, j’ai dit à M. Kramer, qui m’a remercié officiellement, au nom de tout le monde : « je suis désolé mais j’ai vraiment le sentiment de ne pas avoir été bon du tout ». Ce à quoi il m’a répondu : « cela n’a pas d’importance, il n’y a pas 10% ici qui comprennent le français »…

* A l’époque de la construction du CSG de nombreux ouvriers venant de toute l’Amérique du Sud ont rejoint la Guyane et le chantier


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Récit extrait de « Quelques souvenirs du premier Directeur des Opérations: J.J. CAHEN (28/07/93) »


Au moment du démarrage des opérations sur le CSG, les calculs d’orientation de la rampe étaient effectués entièrement à la main. En tant que jeune ingénieur Directeur Des Opérations j’avais été chargé par le Directeur du CSG par intérim (B. DELOFFRE) de mettre au point la méthode : les services de la météo lâchaient un ballon gonflé à l’hydrogène que suivait un radar COTAL situé dans une semi-remorque à proximité du bâtiment Météo, l’opérateur du radar me communiquant au téléphone : le site, le gisement de son antenne radar et la distance au ballon de minute en minute.
Je relevais ces données et à partir d’une planche à dessin et d’une règle à calcul, je déterminais la valeur du vent en fonction de l’altitude et en déduisais l’orientation à donner à la rampe de lancement. Je téléphonais alors au responsable des opérations de lancement pour lui indiquer le site et le gisement à donner à la rampe de lancement de la fusée.

Pour le premier lancement du CSG le 9 avril 1968, il s’agissait d’une fusée-sonde Véronique dont il fallait récupérer la pointe avec sa charge utile après sa retombée en mer au-delà des îles du Salut. Ainsi pour ce premier lancement avait-on entraîné les équipages d’une vedette des douanes appelée « Alizé » et d’un avion Piper Navajo.
Le système de récupération comprenait un répondeur radar et une balise radio contenus dans la pointe de la fusée Véronique ainsi qu’un système de flottaison, enfin un système de levage dans la vedette Alizé. Tout se passa bien et la charge utile fut effectivement récupérée en mer, ce qui était une grande première par rapport aux lancements d’Hammaguir effectués dans le désert au sud de l’Algérie. »