Réserves
du Musée des arts et métiers
80 000 objets
et 15 000 dessins y sont conservés, gardant mémoire
de l’innovation technique du XVIIe siècle à
nos jours.
60, rue de Réaumur, 75003 PARIS
Visite sur réservation au +33 (0)1 49 15 98 98
www.arts-et-metiers.net
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L'objet:
Maquette
d'Hermès
Maquette au dixième du projet d’avion spatial
européen
« Hermès », 1990. »
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Le récit :
Récit par Jacques Simon, Président de l'Amicale des Anciens du CNES, Ancien Sous-directeur du CNES
L’avion spatial Hermès (1977-1993)
« La première configuration de l’« avion spatial Hermès » est étudiée en 1977 au Centre spatial d’Evry du CNES, alors même que la NASA vient de procéder aux essais en vol atmosphériques de sa navette. Cette première version d’Hermès peut transporter jusqu’à cinq personnes ou deux personnes avec deux tonnes de fret. Les études de faisabilité lancées par le CNES auprès d’un certain nombre de sociétés dont Aérospatiale et Matra, s’étendent d’avril 1977 à décembre 1978. L’ONERA réalise les premiers essais en soufflerie du lanceur Ariane 4 coiffé de l’avion spatial.
On envisage assez rapidement d’utiliser le futur lanceur Ariane 5 pour le lancement d’Hermès, permettant ainsi de lancer un avion de 10 tonnes et 11,5 mètre de longueur, transportant 5 spationautes dont 3 passagers auxquels on peut substituer 1,5 tonnes de charge utile, pour un vol de sept jours.
Au début des années 80, alors que la RFA étudie le module pressurisé Columbus en tant qu’élément potentiel de la future station spatiale américaine, la France, avec le CNES, prépare le futur avec les études du lanceur Ariane 5 et la poursuite des avant-projets de la station automatique SOLARIS et de l’avion spatial Hermès.
Au début des années 80, les Etats-Unis envisageant de développer une station spatiale ainsi qu’une gamme de véhicules et plates-formes autonomes, il devient indispensable que l’Europe élabore à son tour une stratégie de vols habités et de robotique pour les quinze années à venir. A cet égard, il apparaît que l’avion spatial récupérable est particulièrement bien placé en terme d’étape technologique et de solution stratégique à long terme.
Lorsqu’au début de l’année 1984, le Président des Etats-Unis Ronald Reagan annonce la décision de lancer le programme de station spatiale habitée et invite les Européens à y participer, ceux-ci par l’intermédiaire de l’ESA (European Space Agency) répond favorablement et propose d’utiliser Hermès comme véhicule de service permettant d’intervenir sur les plates-formes visitables. La première spécification de mission du programme Hermès, publiée le 13 février 1984, va dans cette voie et le CNES, à la demande du gouvernement français, va tout faire dès lors pour promouvoir ce véhicule complémentaire d’Ariane 5 comme instrument d’exploitation d’une infrastructure orbitale. Le Programme prévoit les étapes suivantes :
études préparatoires : 1984 – 1987
• européanisation : 1987
• développement : 1988 – 1996
• 1er vol de qualification : 1996
• 1er vol opérationnel : 1997
Les 30 et 31 janvier 1985, le Conseil des Ministres Européens de l’Espace réuni à Rome, prend note avec intérêt de la décision française d’entreprendre la réalisation de l’avion spatial Hermès, élément majeur du futur programme communautaire qui doit faire face aux nouvelles missions de l’horizon 1995 – 2000.
Le 18 octobre 1985, le CNES annonce l’organisation retenue pour gérer le programme Hermès : le CNES est maître d’œuvre pour l’ensemble du système, la société Aérospatiale est maître d’œuvre industriel, la société Dassault est maître d’œuvre délégué pour l’aéronautique.
Le 18 février 1986 une Direction Hermès est crée par le CNES sur son Centre Spatial de Toulouse.
Les 9 et 10 novembre 1987, le Conseil des Ministres Européens de l’Espace réuni à La Haye décide de faire d’Hermès un programme à part entière de l’ESA. A partir de ce moment l’ESA et le CNES, convaincus de la nécessité de renforcer leur coopération et d’améliorer la gestion du programme, réfléchissent à l’organisation la mieux adaptée et le 4 juillet 1990 décident de créer une « équipe de projet intégrée ESA-CNES », forte de 150 personnes et installée dans l’enceinte du Centre Spatial de Toulouse.
L’engagement du programme est confirmé par le Conseil des Ministres Européens de l’Espace réuni à Munich le 20 novembre 1991. Cet engagement s’inscrit dans le plan européen à long terme 1992 – 2005 et prévoit notamment :
• essais en vol atmosphérique subsonique : 1999
• 1er vol automatique avec lancement par Ariane 5 : 2002
• 1er vol habité avec lancement par Ariane 5 : 2003
Mais les contraintes budgétaires imposées au programme par les décisions du Conseil de Munich conduisent l’équipe intégrée à proposer une solution de compromis – développement d’un démonstrateur inhabité - dénommée « X – 2000 ». Cette nouvelle orientation est remise en cause par l’Allemagne qui refuse d’augmenter sa contribution financière. La France renonce alors au projet Hermès X – 2000.
Lors de la réunion du Conseil de L’ESA, tenue à Grenade les 9 et 10 novembre 1992, les ministres adoptent pour Hermès une nouvelle orientation pour les années 1993-1995. Trois options stratégiques seront étudiées : soit une coopération avec la Russie pour un avion spatial Hermès Euro-Russe et le développement des technologies critiques, soit encore une coopération avec les Etats-Unis pour l’étude et la définition du véhicule de sauvetage (ACRV) de la station spatiale Freedom, soit enfin un scénario européen autonome avec la mise en oeuvre d’études de définition détaillées.
Pour la plupart des acteurs, c’est en fait déjà la fin du programme Hermès. En effet, les bouleversements internationaux intervenus depuis le début des années 90 touchent de plein fouet tous les grands programmes spatiaux de vols habités dont la justification économique et le prestige politique sont remis en cause. Les Européens, divisés sur leurs objectifs et priorités confirment dès le Conseil de l’ESA des 23 et 24 juin 1993 que les calendriers prévus à Grenade ne sont pas réalistes et que les perspectives de développement en commun d’un véhicule habité et d’une station spatiale européenne MTFF (Manned Tended Free Flyer) n’est sans doute plus envisageable, notamment dans un contexte de révision du programme spatial américain de station spatiale « internationale ». L’espace français se réoriente désormais sur trois axes prioritaires, consolidation de la position européenne dans les lanceurs, développement des satellites d’applications et des technologies.»