Musée
Technique des Poudres de l'Armement
L’histoire
de la propulsion depuis les flèches à feu des chinois
jusqu’aux fusées modernes comme Ariane 5.
Allée Eugène Burlot - 93410 VAUJOURS
Ouverture dimanche 18 de 14h30 à 18h. Parc National Forestier
de Sevran
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L'objet:
Fusée
expérimentale
Fusée expérimentale à poudre, ancêtre
des fusées V2, trouvée en 1945 à Peenemünde.
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Le récit :
Récit par Olivier Huwart, docteur en histoire contemporaine de l’IEP Paris
Mystère à la poudrerie
« Parmi les pièces de la collection du Musée Technique des Poudres de l’Armement de Sevran-Livry figure cette fusée assez mystérieuse.
En effet, le panneau de présentation qui l’accompagne l’identifie comme un engin allemand expérimental à poudre datant de la Seconde Guerre mondiale, récupéré au centre de recherche de Peenemünde par l’armée française, et remis au Laboratoire de la Poudrerie de Sevran-Livry. En outre, la présence remarquable de 18 petites chambres de combustion est signalée. La fiche établie à l’occasion de l’inventaire de la collection du musée reprend ces informations mais comprend aussi quelques éléments supplémentaires : le diamètre de l’engin, 38 cm et sa longueur, 355 cm.
Un examen attentif de l’engin et de ses caractéristiques peut cependant amener à remettre en cause cette description de l’engin : par ses dimensions et son aspect extérieur, cette fusée ressemble à s’y méprendre à un engin expérimental français étudié et développé clandestinement pendant la guerre par un officier du Service technique de l’artillerie : le colonel Barré. En effet, si ce n’est son empennage fixe à quatre ailerons et non pas trois, cet engin ressemble plutôt à une fusée EA-1941 — EA pour engin autopropulsé. Bien entendu, rien de sûr dans tout cela : l’EA-1941, construite à quelques exemplaires seulement pour une petite série de tirs d’essais en 1945, était un engin à carburants liquides et non à poudre. Qu’en est-il ? Peut-être cet engin est-il une version à poudre restée sans suite ? L’examen des 18 chambres de combustion laisse songeur. Peut-il s’agit-il d’une sorte de cache optique destiné à rendre présentable une enveloppe vide à exposer ? Seuls des anciens de la Poudrerie pourraient le dire.
Toutefois, il est certain, ou presque, que l’armée française n’a jamais récupéré cet engin à Peenemünde : le centre de Peenemünde, après son évacuation par l’armée allemande en février 1945, a été immédiatement occupé par l’Armée Rouge. Cette dernière, qui menait sa propre « Chasse aux armes secrètes allemandes » et ne souhaitait en aucun cas en partager les fruits avec les autres pays vainqueurs de l’Allemagne, s’est empressée d’emporter ce qui pouvait l’être en Union Soviétique et de le conserver jalousement pour ses propres études. Les autorisations pour une mission française d’information avaient bien été sollicitées par le professeur Henri Moureu, le « découvreur » français de la fusée A4/V2, mais l’affaire resta sans suite. Le rideau de fer était tombé !»