Musée
des Transmissions
L’aventure
des technologies de l’information et de la communication,
des débuts au village planétaire.
Avenue de la Boulais - 35520 CESSON-SEVIGNE
Tel : +33 (0)2 99 84 32 87
museetrans.free.fr
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L'objet:
Station
mobile
Station mobile de raccordement satellitaire à moyen
débit du système militaire Syracuse 2. 2005.
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Le récit :
Récit par le Colonel Jérôme Pellistrandi, Commandant du 28° Régiment de Transmissions
L’Espace et les transmissions militaires
« L’espace, depuis plusieurs décennies, fait partie de notre vie quotidienne. La météo du journal télévisé, l’utilisation d’Internet ou la retransmission en temps réel des événements du monde sur nos télévisions passent par l’utilisation de satellites. D’autres applications sont devenues incontournables, transformant l’aventure spatiale en un acquis majeur pour le développement de nos sociétés.
L’utilisation de l’espace par les militaires est une réalité depuis le début de la conquête spatiale. Les Etats-Unis et l’Union Soviétique engagèrent dans les années cinquante une course à l’espace où les ambitions militaires étaient essentielles et qui culmina avec l’arrivée du premier homme sur la Lune le 21 juillet 1969. L’emploi de technologies duales est ainsi au cœur de l’astronautique. Ainsi pour l’Europe, Ariane n’aurait jamais existé sans les programmes français conçus pour la dissuasion nucléaire. Les grands projets furent lancés à la fin des années cinquante et permirent à la France de développer aussi bien Concorde puis Airbus que les sous-marins nucléaires et les fusées Ariane.
Les satellites de télécommunications ont très vite constitué une part importante de la conquête spatiale. Utilisés pour le téléphone puis pour la télévision et enfin pour les transmissions de données, ces satellites sont depuis plus de trois décennies les maillons essentiels de l’essor des télécommunications mondiales et contribuent directement à la mondialisation des échanges.
Pour la France, le lancement en 1984 du satellite Syracuse 1A avec une partie dédiée à la Défense a marqué un changement essentiel pour les télécommunications militaires. Pour la première fois, les hautes autorités gouvernementales ont pu disposer d’un moyen permanent, fiable et sécurisé permettant de relier des moyens militaires déployés de Djibouti à la Guyane et en Afrique. Une deuxième génération, Syracuse 2, a permis dans les années 90, d’élargir les services offerts alors que nos unités étaient engagées dans les Balkans. De plus, l’explosion des systèmes d’informations opérationnels (l’équivalent militaire d’Internet) a pu bénéficier des capacités de débit accrues du satellite Syracuse 2. Début 2006, Syracuse 3 engagera les forces armées dans une véritable mutation technologique avec la mise en œuvre de plus de 350 stations terrestres qui permettront de relier de très nombreuses unités déployées sur un théâtre d’opération. Il s’agit de pouvoir maîtriser la numérisation de l’espace de bataille aéroterrestre où l’information est devenue un enjeu majeur.
Ces nouvelles capacités de communications satellitaires permettront à la France d’assumer le commandement d’opérations déclenchées par l’OTAN ou l’Union Européenne et donc de prendre ses responsabilités dans la gestion des crises futures.
Un autre usage militaire de l’espace tient à la reconnaissance et à l’observation. Le satellite, en s’affranchissant des frontières permet, si la météo est favorable, de survoler des territoires et de les photographier avec une très grande précision.
L’acquisition du renseignement est devenue aujourd’hui indispensable dans la prévention et la gestion des crises. Ainsi la France s’est dotée de satellites d’observation militaire – satellites espions -. Le lancement en 1995 du satellite Hélios 1 (avec la participation de l’Italie et de la Belgique) a permis à Paris d’entrer dans un club très fermé, celui des états disposant de tels satellites et donc de pouvoir mieux évaluer les situations critiques partout dans le monde. Avec Hélios 2, lancé en 2004, les capacités techniques ont été multipliées avec, dès à présent, une logique européenne pour permettre à l’Union Européenne de participer, en liaison avec l’OTAN, à la résolution des crises.
L’outil spatial est donc devenu incontournable pour la défense française. Autour du binôme télécommunications – observation, la France a choisi des moyens de haute technologie indispensables pour préserver sa sécurité mais aussi pour agir dans le cadre des Nations Unies. Il faut souligner aussi la dualité de l’astronautique. En effet, le CNES est un des acteurs majeurs du spatial militaire français avec des compétences reconnues dans la conduite et la gestion de ces programmes. De même, la fusée Ariane participe directement à la construction de la défense européenne en donnant depuis plus d’un quart de siècle, l’autonomie d’accès à l’espace, véritable clé de la souveraineté.
L’espace est devenu une réalité quotidienne tant l’utilisation de satellites a permis des progrès dans de multiples domaines. La France, en choisissant d’investir dans l’emploi de satellites militaires de télécommunications et d’observation, peut ainsi confirmer sa volonté d’agir de façon crédible pour assurer la défense de la paix là où elle est menacée. »