Musée Nicéphore NIEPCE

Un des plus anciens établissements français consacrés à la photographie.

28 quai de la Messagerie - 71100 CHALON SUR SAONE
Tel : +33 (0)3 85 48 41 98

www.museeniepce.com

———————————————————————————————————————————————————

L'objet:

Appareil photographique

Appareil photographique Hasselblad Electric 500 EL, 1968, réplique de l’instrument utilisé lors de la première mission lunaire.

——————————————————————————————————————————————————

Le récit :

Par Alexis AZAR, Service des Publics, Musée Nicéphore Niépce
Source et crédit : IGOR JAVUTICH, Revue CYCLOPE n°7 - Automne 1991

« Il est 4 heures 18, heure de Houston, ce 20 juillet 1969, tout est silencieux au quartier général de la NASA. Soudain , le silence est interrompu par une voix dans les haut-parleurs : « Houston, Tranquility Base here. The Eagle has landed ». Le premier véhicule spatial, appelé Eagle, l’aigle, vient d’alunir, avec deux astronautes, Neil A.Armstrong et Edwin E.Aldrin jr, dans la mer de la tranquillité. Le personnel du quartier général n’est pas le seul à jubiler, environ 30 millions de familles aux Etats-Unis sont devant la télévision, et au moins 530 millions de personnes dans le monde suivent cette aventure historique à la radio et à la télévision.

Le pari lancé au début des années 60 par le président Kennedy, rattraper et dépasser les Russes en se posant sur la lune avant la fin de la décennie, vient d’être gagné.

L’appareil présenté au musée Nicéphore Niépce a été offert par Victor Hasselblad à la ville de Chalon-sur-Saône le 8 avril 1972 à l’occasion du 150 ème anniversaire de la découverte de la photographie. Il s’agit d’une réplique dont cinq seulement existent dans le monde du modèle original utilisé par Neil Armstrong pendant cette mission Apollo XI en juillet 1969. L’appareil original, volontairement laissé sur la lune, marque matériellement le passage de la mission.

 Le nom de Victor Hasselblad, le constructeur Suédois, restera attaché aux extraordinaires vols spatiaux réalisés par les américains depuis 1962. Lors des premières missions dans le cosmos, c’est un modèle de série, l’Hasselblad 500 c, qui fut utilisé. Acheté dans un magasin à Houston, ce dernier fut modifié par les propres techniciens de la NASA , d’une part pour réduire le poids et d’autre part pour adapter son utilisation aux limitations des mouvements de l’astronaute. Après la réussite du premier vol, la NASA prit contact avec la société Hasselblad qui s’occupa dorénavant des modifications ainsi que du développement de systèmes d’appareils directement pour la photographie dans l’espace. Dès 1968, lors du vol Apollo 8, les astronautes étaient munis d’un appareil fabriqué tout spécialement d’après les directives de la NASA , l’HASSELBLAD ELECTRIC 500 EL.

L’appareil ne comporte pas de visée réflexe car les astronautes ne pouvaient quitter leur équipement et devaient cadrer à travers le hublot de leur casque, d’où la présence d’un viseur qui ne se trouve pas sur les modèles habituels. Comme ils étaient obligés de manipuler les différentes commandes avec leurs moufles, il fallut adapter mise au point, vitesse, touche de déclenchement et diaphragme en conséquence. Des chargeurs spéciaux permettent de prendre 200 vues en noir et blanc et 160 en couleur. De nombreux problèmes furent à résoudre, comme le graissage des pièces mécaniques : la plupart des lubrifiants s’évaporent et se collent sur les surfaces des lentilles et des objectifs. En s’évaporant, ils laissent des traces solides qui perturbent le fonctionnement des pièces mécaniques. De même, il fallut blinder les contacts électriques dans l’appareil à moteur pour empêcher la corrosion dans une atmosphère de gaz d’oxygène et éliminer les risques d’incendie par les arcs électriques. Il faut aussi mentionner les exigences de fonctionnement pour diverses températures : l’équipement de l’appareil devait pouvoir fonctionner dans un éventail de -20 à + 60°c. Dans l’espace, la chaleur est un plus grand problème que le froid. Au milieu de la journée sur la lune, la température est d’environ 120°c.

De 1969 à 1972 six alunissages furent effectués, et lorsque le dernier astronaute, Gene Cernan, quitta la surface de la lune le 14 décembre 1972, il restait 12 Hasselblad sur la lune. Un appareil fut même perdu par l’astronaute Michael Collins au cours d’une promenade dans l’espace. Le lendemain la presse titrait : Premier satellite artificiel Suedois, un Hasselblad SWC ! Interrogé, Victor Hasselblad précise : « Ce n’est pas notre compagnie qui a fabriqué la courroie ».

Environ 33 000 photos furent prises en dix ans pendant ce court instant où des hommes ont été sur la lune, 257 heures.

Ici, l'astronaute Edwin F. Aldrin Jr., le pilote du module lunaire, fait face à la caméra alors qu'il marche sur la lune lors d'une sortie extravéhiculaire (ExtraVehicular Activity - EVA). Le plexiglas de son casque reflète la scène en face de lui. On peut apercevoir le Module Lunaire et l'astronaute Neil A. Armstrong en train de prendre la photographie. Une caméra avec un objectif de 70 mm est employée. Les empreintes au sol des astronautes sont visibles à l'arrière plan.»