LUDIVER
Observatoire Planétarium du Cap de la Hague
Etablissement
consacré à la découverte des merveilles de
l’univers grâce au planétarium et à
l’observation avec des télescopes
1700 rue de la Libération
50460 Tonneville
Tel: +33 (0)2 33 78 13 80
www.ludiver.com
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L'objet:
Images
de la Lune
Images haute résolution de la Lune réalisées
à l’observatoire de Ludiver.
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Le récit :
Récit par Bruno Daversin, Directeur de Ludiver
La Lune : du dessin à l'ère du numérique
« La représentation des objets célestes a toujours occupé une place importante pour les différentes civilisations qui ont peuplé la terre depuis l’origine de l’Homme. La Lune, astre le plus brillant du ciel nocturne, y occupa une place de choix, à la fois source d’inspiration, porteuse de croyance et enfin, objectif de conquête dès que la technique permit de rêver des premiers voyages.
Des millénaires de dessin lunaire !
Au départ ornement dans des grottes préhistoriques, la Lune, dont le cycle mensuel fut très tôt l’un des fondements des calendriers, se retrouva gravée ou sculptée sur des supports principalement utilisés dans le domaine des croyances. Il ne s’agissait point là de détailler la nature de l’astre, mais plutôt d’en établir une représentation permettant de la positionner comme jalon sur la carte du ciel. C’est Galilée, muni de la première lunette astronomique, qui dessina au début du 17 e siècle les principaux reliefs de la surface lunaire. Grâce à l’évolution des instruments d’optique, conjugué au talent d’observateurs et de dessinateurs dont faisaient montre les astronomes de l’époque, les cartes devinrent de plus en plus précises. En 1647, Johannes Hevelius en édita une qui fit longtemps référence. Par la suite, elles ne cessèrent de s’améliorer mais c’est toujours par le dessin que ces observations furent transcrites.
L’ère de la photographie lunaire
En 1839, l’image de notre satellite fut capturée sur une plaque d’argent par Daguerre. C’était le début d’une technique de prise de vue qui dura en astronomie jusqu’à la fin du XXème siècle : la photographie argentique. Dès lors, les atlas devinrent plus précis, même si la qualité obtenue restait bien inférieure à ce que les astronomes pouvaient observer visuellement à travers leurs télescopes. Citons l’atlas de Loewy et Puiseux, établit depuis l’observatoire de Meudon il y a un siècle, qui ne fut dépassé que dans les années 60 par les grands atlas américains comme ceux de G. Kuiper, eux même basés sur des images produites par les plus prestigieux observatoires mondiaux. La pellicule est alors reine pour l’acquisition des images qui serviront par exemple à préparer les missions Apollo. Après l’euphorie de l’exploration lunaire, les astronomes délaissèrent rapidement notre satellite au profit de l’étude des autres corps du Système solaire. Très peu de photographies furent prises par les grands observatoires à partir des années 70, tout du moins en lumière visible. Parallèlement, ce sont les amateurs qui se lancèrent à la conquête photographique de la Lune. Aucun intérêt scientifique dans leur démarche, mais plutôt une pure performance technique voire artistique. Avec le progrès des émulsions conjugué à la fervente abnégation des astronomes amateurs, on constata au cours des années 80 que les meilleures photographies lunaires dépassèrent en résolution celles prises par les grands observatoires quelques années plus tôt. En fait, le terrain avait été déserté par les chercheurs, laissant le champ libre aux passionnés de l’imagerie lunaire.
La révolution numérique
Après 150 ans de bons et loyaux services, il fallut moins de dix ans pour que la pellicule photographique disparaisse de l’équipement des astronomes lunaires. Les avantages des capteurs numériques sont nombreux, mais on retiendra dans ce domaine la vision instantanée du résultat permettant d’affiner les réglages, et la possibilité de traitement informatique des données. Une décennie d’imagerie CCD fera définitivement basculer les imageurs vers le numérique. A ce stade, c’est depuis leurs jardins et munis d’instruments achetés dans le commerce, que les amateurs produiront des séries dépassant largement en résolution les atlas les plus réputés. Le passage au 21 e siècle marqua la démocratisation de cette spécialité grâce à l’utilisation de simples webcams, accessibles à tous pour quelques dizaines d’euros. Chacun pu dès alors s’amuser à égaler, voire dépasser les clichés historiques de l’observatoire du Pic du Midi. Excepté quelques images prises par le très grand télescope européen du Chili (VLT), ce sont les amateurs qui produisent aujourd’hui les meilleures images de notre satellite. Utilisant des caméras vidéo associées à de puissants logiciels de traitement d’image, ils réalisent des vues de la Lune qui peuvent même rivaliser en qualité avec celles prises par les sondes spatiales en orbite lunaire.
De la science à la contemplation
Nous pouvons donc constater que l’intérêt des scientifiques pour la photographie lunaire a décru ces dernières années, alors que les techniques d’imagerie n’ont cessé de progresser. Il est vrai que depuis la Terre, l’espoir de révolutionner notre connaissance de l’« astre chauve » est faible comparé au travail effectué par les sondes et autres missions habitées. Reste donc, comme aux premiers âges de l’humanité, une source de rêve et d’émerveillement pour les terriens, que les progrès de l’imagerie numérique leur permettent de figer admirablement sur leurs écrans d’ordinateurs personnels. »