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Rations alimentaires
Station Mir – Mission Aragatz (1988)
Décidée en 1985 lors d’une rencontre entre M. Gorbatchev et F. Mitterrand, la mission franco-soviétique ARAGATZ s’est déroulée du 26 novembre au
21 décembre 1988 dans la station Mir avec, à son bord, le spationaute français Jean-Loup Chrétien, qui, à cette occasion, a effectué une EVA (sortie extravéhiculaire) de 6 heures.
Au cours de la mission, les spationautes ont mené à bien des expériences :
• biomédicales : influence de la micropesanteur sur le cœur, l’équilibre hormonal, la physiologie, la vision, la masse osseuse et l’absence de prolifération des lymphocytes.
• technologiques : énergie solaire, composants pour mémoire informatique, effet de l’environnement spatial sur divers matériaux, déploiement d’un support d’antenne en carbone, travail sur l’ergonomie de la station.
• pédagogiques : mallette d’expériences mises au point par une association de jeunesse.
Durant la mission, l’alimentation quotidienne était constituée de plats préparés par les Russes et les Américains, conditionnés dans des boîtes de conserve ou des sachets lyophilisés. D’une qualité supérieure, l’ensemble exposé à l’Alimentarium (« ration d’agrément »), préparé par des cuisiniers français, était consommé par les spationautes lors d’occasions exceptionnelles, telles que l’arrivée de nouveaux équipages ou les sorties extravéhiculaires.
Exemples de plats proposés :
• Pâté de jambon
• Compote de pigeon aux dattes, aux raisins secs et aux épices
• Gargaillou au jambon de cochon et au maigre de canard
• Boeuf bourguignon
• Boules de pain
• Pain de seigle grillé
• Cantal fondu
• Gâteau de riz au caramel
• Pâtes de fruits
• Confipouss' abricot
• Barres alimentaires aromatisées (chocolat, noisette, café, ...)
Le programme audiovisuel « Les nourritures spatiales »
Le film rappelle que la nourriture a, dans l’Espace, pour première fonction de constituer des réserves énergétiques pour mener à bien les activités à bord de la station. L’alimentation, en complément de 2 heures d’activité quotidienne, va également lutter contre la diminution du volume musculaire et du système osseux. Cependant, entre le mal de l’espace des premiers jours, la charge de travail, certains effets de l'impesanteur encore mal connus et la monotonie des menus, les spationautes ont tendance à ne pas se nourrir suffisamment.
Par ailleurs, la nourriture revêt une importante dimension psychologique et sociale. En effet, le repas constitue un moment privilégié où les spationautes, de différentes nationalités, partagent leur culture autour d’une vraie table matin, midi et soir, à heures fixes. Loin des images représentant l’homme du futur se nourrissant des pilules colorées et de barres vitaminées, les spationautes consomment d’authentiques aliments, dont seul le conditionnement a été adapté à l’Espace.
Enfin, lors des missions de longue durée, l’alimentation joue évidemment une fonction de lien symbolique avec la Terre lorsque le spationaute ne peut plus observer celle-ci qu’à travers le hublot de la station.
Témoignages recueillis dans le film :
• Arnaud Beck, médecin et directeur de recherches cliniques (MEDES)
• Claude Fischler, sociologue, spécialiste de l'alimentation (CNRS-EHESS)
• Jean-Loup Chrétien, spationaute
Catalogue
L’alimentation au fil de la recherche/Forschungswelten – Ernährung/
Research Worlds – Focus on Food
On a participé au catalogue avec deux textes :
La nutrition au centre de la médecine spatiale
Audrey Bergouignan & Stéphane Blanc
Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien
Département d’Ecologie, Physiologie et Ethologie
Centre National de la Recherche Scientifique
Petite histoire de l’alimentation spatiale
Gérard Azoulay, Observatoire de l’Espace du CNES
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