Très naturellement, le Mundaneum a choisi de se mobiliser pour célébrer en 2005, le centenaire de la mort de Jules Verne. Si Paul Otlet et Henri La Fontaine, les fondateurs de l’Institution, n’ont été amenés à rencontrer Jules Verne, si leurs archives ne font apparemment aucune allusion à l’auteur, il n’en demeure pas moins que les prémisses du Mundaneum sont contemporaines de la publication du 42ème voyage extraordinaire édité par Hetzel et qu’indéniablement, pour des raisons peut-être essentiellement contextuelles, une communauté d’esprit relie ces hommes.

Marqués par un même héritage positiviste, Otlet, La Fontaine, Verne et Hetzel partagent le souffle d’une époque qui croyait au pouvoir salvateur de la connaissance et des sciences. Forts de cette certitude, soucieux aussi d’une certaine démocratisation du savoir, ils ont tenté chacun à leur manière de diffuser le plus largement possible le savoir encyclopédique alors à leur portée : Jules Verne sur conseil de son éditeur, par la rédaction de fictions, Paul Otlet et Henri La Fontaine par la mise en place d’un Répertoire Bibliographique Universel (1895) puis d’un musée, le Palais Mondial-Mundaneum (1919-Palais du Cinquantenaire). L’objectif était pour Otlet, « de réaliser un Centre international, d’une manière permanente et scientifique, ce que les gouvernements ont déjà réalisé d’une manière éphémère dans les grandes expositions universelles. Dans leur ensemble, les salles doivent former un vaste musée géographique et ethnographique, un musée de la Terre et des Hommes. (…) C’est à la fois un musée universel de la technique, un musée de l’enseignement et un musée économique et social.