Le cycle thématique « Histoires d’Univers » s’articule autour de trois axes. Le premier interroge sur le lien fort qui existe entre l’imaginaire et l’Univers. Un deuxième axe traite de l’histoire des représentations de l’Univers par la pensée humaine et par le développement des outils d’observation. Enfin, le dernier axe aborde l’imbrication forte des sociétés et de la science dans le développement des sciences de l’Univers et la conquête spatiale.

Au programme de cet événement ouvert à tous : conférences, tables rondes, rencontres avec les auteurs, librairies, spectacles, expositions, etc. A cette occasion, l’Observatoire de l’Espace du CNES présente sa revue littéraire Espace(s).




15h
, alors que les intervenants et le public s’installent, une première mise en bouche se fait de façon inattendue par l’irruption de deux comédiens et un musicien sur l’estrade. Leur texte ne semble avoir ni début ni fin… comme l’espace après tout. Après cette brève introduction théâtrale, place à la littérature.

Les imaginaires à la rencontre de l’Univers

Jean-Jacques Perrier, journaliste à Pour la science, résume l’enjeu du débat par sa première question : « Que vient faire la littérature ici ? ». Gérard Azoulay peut ainsi présenter la démarche de l’Observatoire de l’Espace à l’auditoire.


Colette Nys-Mazure

« C’est pour nous immerger dans un espace particulier » répond
Colette Nys-Mazure, qui a fait le déplacement depuis la Belgique. Elle est lit un extrait de son texte « Espace intérieur » publié dans Fictions européennes. Pour elle, comme le titre de son texte l’indique, l’espace est avant tout intérieur mais c’est aussi celui de l’Autre, qui reste encore à explorer.

Dans l’esprit de Gérard Azoulay, il s’agissait, pour Fictions européennes, d’ « inviter les auteurs à produire quelque chose de nouveau, d’inédit ». Colette Nys-Mazure en profite pour rappeler un moment fort de la présentation de l’ouvrage à
Strasbourg le 22 octobre dernier : la présence de Boris Pahor, rescapé des camps de concentration, et l’émotion produite par la lecture de son texte évoquant la construction des fusées V2. Elle évoque également le texte « tout à fait inattendu » de Caroline Price intitulé « Bon appétit ! » ; « vous ne vous attendiez pas à avoir une nouvelle culinaire ! » dit-elle dans un sourire. C’est là la force de Fictions européennes : être un recueil de récits tous aussi divers et riches que la nationalité de leurs auteurs.


Roger Wallet

De l’exploration de l’Espace à la conquête de la littérature

C’est au tour de Roger Wallet de prendre la parole. Lorsqu’on lui demande ce qui l’a attiré dans ce projet, il tranche : « l’Espace je n’y connaît rien, ça ne m’intéresse pas. » Alors pourquoi avoir accepté d’y participer? Parce qu’ « on finit toujours par écrire ce qu’on a envie d’écrire » même si « l’Espace me glace complètement » avoue-t-il. Ecrire sur un sujet qui ne nous inspire pas, c’est aussi un challenge qu’un auteur rêve de relever. Il lit un extrait de son texte (« Un été 62 », Espace(s) n°4) écrit à partir du mot apprivoiser, narrant l’histoire d’un petit garçon, qui se lance dans la construction d’une fusée pour que sa mère, mourante, soit fière de lui.


De gauche à droite : Colette Nys-Mazure, Roger Wallet,
Jean-Jacques Perrier, Gérard Azoulay, Jacques André

Les fusées… l’Espace… les spationautes sont aussi une source d'imagination. Colette Nys-Mazure compare leurs mouvements dans l’espace aux « mouvements du fœtus à l’intérieur de la mère ». Ce qu’elle trouve intéressant dans cette aventure éditoriale ce sont les « images qui appellent d’autres images qui vont puiser dans les nappes phréatiques de notre cerveau ». Chacun évoque alors les images qu’ils assimilent à l’espace : les premiers pas de l’homme sur la Lune, l’explosion de la navette Challenger… toutes ces images ont une forte charge émotionnelle, ce qui a sans doute beaucoup contribué à l’inspiration de ces créations littéraires.

« Est-ce que la direction du CNES vous a suivi ? » demande Jean-Jacques Perrier. « Bien sûr, répond Gérard Azoulay, l’établissement est volontaire, car cela permet d’élargir les horizons, les champs d’action et de toucher un public différent. » Il rappelle la genèse de la revue qui, à partir de la Semaine de la Langue Française, se penche sur le patrimoine lexical de l’espace.

Il conclut par quelques mots sur le prochain numéro d’Espace(s) qui sera consacré à l’attraction poétique. Prochain rendez-vous le 17 mars à la Maison de la Poésie pour la présentation de l’ouvrage ! Mais c’est au stand de l’Observatoire de l’Espace que nous avons convié l’auditoire pour prolonger la rencontre.