Le mensonge sur les origines des activités spatiales


Lundi 6 avril 2009 à 19h : l’Espace : décryptage dans le cadre des manifestations Si la science m’était contée. Paris, Centre Georges Pompidou, la BPI, Bibliothèque d’Information Publique, un lieu où l’on vient travailler, mais aussi un lieu de manifestations culturelles.

Il faisait beau. Le mensonge des origines des activités spatiales rendait curieux.

Descente dans la petite salle, niveau -1 du centre.

Une quarantaine de personnes étaient déjà installées pour participer à cette révélation, qui fut passionnante


Le comédien François Raison nous offrit la lecture de L’Espace coupé de Boris Pahor, écrivain slovène - in Fictions européennes.
Un récit-témoignage dans le camp de concentration de Dora durant la dernière guerre mondiale.
Le mystère s’épaississait : quelle collusion entre Dora et les activités spatiales ?




Michel Alberganti, journaliste et producteur à France Culture, présenta Yves le Maner, historien, Directeur de La Coupole, Centre d’histoire et de mémoire, St Omer et Christian Vanpouille du Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques (LRBA).




Yves le Maner, prit la parole. Il brandit un ouvrage : « interdit de publication », nous affirma t-il. Il s’agissait d’une biographie de Werhner von Braun, l’ingénieur qui permit aux USA d’atteindre la Lune en 1969.

Que s’était-il produit il y a tout juste quarante ans, quand Neil Armstrong faisait « un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour l’humanité » ?

Yves le Maner entama son récit. Il nous emmena en Allemagne, dans l’année 1920, juste après la première guerre mondiale. A cette époque, de jeunes ingénieurs bricolaient de petits engins à propulsion. Au début, personne ne s’intéressait à eux et surtout pas l’armée. La montée du nazisme et la guerre 1939-45 changèrent le statut de ces ingénieurs de talent. Parmi eux, un certain Werhner von Braun, membre de la SS depuis 1937, développa les projets de fusée durant la guerre et surtout mit au point les V2.

Le mensonge se dévoilait : l’inventeur de la « fusée pour la Lune » était aussi celui de « l’arme de représailles », la V2, qui dévasta Londres en 1944. Nous savons aujourd’hui qu’il donna aussi son accord pour que soient employés à Peenemünde – le site de fabrication de fusées en série – les prisonniers du camp de concentration de de Buchenwald, puis après le bombardement de Peenemünde par les alliés, dans la Mittelwerk, l’usine souterraine de production des V2. « 25000 morts au total dans des conditions effroyables», nous précisa Yves le Maner.

Von Braun ne nous apparut plus comme un inventeur précurseur, mais comme un nazi récupéré par l’américain en 1945.


Christian Vanpouille prit la parole. Nous avons compris que les alliés ont tous voulu posséder la technologie des V2 dès la Libération. Il nous raconta comment la France œuvra pour récupérer des ingénieurs allemands . Comment ces derniers formèrent des ingénieurs français afin de développer des fusées balistiques. Cela donnera naissance à la fusée-sonde Véronique en 1952, puis à la politique spatiale européenne des années 60, prémices du spatial civil avec Ariane, aujourd’hui.

La séance s’est suivie d’un débat avec le public pour découvrir les liaisons dangereuses entre la recherche et les enjeux politiques. Tout angélisme disparut, nous nous quittâmes vers 22h.




 

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