
En arrivant chez moi, j'ai traversé le couloir pour atteindre ma chambre le plus vite possible. J'ai posé mon cartable par terre, j'ai enlevé mes chaussures de sport sans les dénouer et je me suis jetée sur mon lit, les pieds fatigués sur mon oreiller frais et la tête enfoncée dans la couette.
L'arôme de lavande imprégné dans mes draps, s'infiltrait dans mes narines. Je me suis retournée sur mon dos. Je fixais le plafond blanc comme la neige. J'étais devenue aveugle à tout ce qui m'entourait, des images me passaient par la tête, l'une après l'autre, comme des étoiles filantes.
Je sentais l'angoisse occuper à chaque instant un espace plus grand dans ma poitrine, comme une machette qui fraye un chemin. J'avais besoin de faire une chose que personne ne pouvait faire pour moi : j'avais besoin d'écrire.
20/02/2012
Aujourd'hui le TPE - Travail Personnel Encadré - qui fait partie des épreuves du Baccalauréat, nous a été présenté. Quelques thèmes de l'actualité nous ont été proposés. Nous devions former des groupes de trois élèves, en fonction des intérêts par sujet. Dès que les instructions ont été données, tout le monde a commencé à échanger et à reconnaître les idées en commun. J'ai fait le tour de la classe : « avortement au Brésil, publicité sexiste, pacification des favelas ... ». Oui, tout me semblait passionnant et attractif, mais je n'avais pas encore trouvé « le » thème qui me captivait complètement.
Le professeur est passé par mon rang et m'a aperçue inquiète. Il m'a demandé ce qui m'intéressait vraiment, indépendamment des propositions. À ces mots, j'ai répondu sans hésiter : « L'espace ! ». Il m'a regardé, muet, pendant cinq secondes, puis il s'est retourné et a continué à marcher. À la fin du cours, il m'a déconseillé de choisir ce sujet, trop « scientifique » pour moi. Mais ce qui m'intrigue me séduit toujours : L'espace me fait méditer sur d'autres horizons.
Voyager en avion est pour moi un moment très important de réflexion sur la vie et la complexité de l'être humain. Au moment du décollage, je suis toujours épatée par le fait qu'un aéronef pesant plus de deux cents tonnes, puisse s'élever à dix mille mètres du sol avec des centaines de passagers. Le moteur gronde en laissant derrière, toute la population, la ville, le pays ... Je vois rétrécir avec le monde, les problèmes quotidiens et souvent superficiels. Bien rapidement, on ne voit plus qu'une plaque de terre fluctuant sur l'océan.
En regardant par le hublot, les nuages forment des figures diverses. Ils sont si proches et semblent si doux. J'aime sentir que tout ce qui m'importune devient insignifiant pendant quelques heures. En ce moment, je vois la vie planétaire autrement. Je me permets de savourer le voyage pleinement et de rapporter mes pensées sur mon cahier. Relire ces registres me soulage lorsque je me retrouve confuse ; d'ailleurs, comme aujourd'hui.
Si lorsque vus de l'avion, le ciel, la terre et la mer ne semblent qu'un décor d'un scénario d'illusions, j'imagine la sensation de tout voir, mais encore de plus loin, depuis un vaisseau spatial. Pouvoir contempler la planète et l'univers, la lune et les étoiles de plus près, sans mémoire de soucis. Imaginer ce spectacle majestueux me passionne.
- « Toc-toc ».
Un bruit m'ôte de mes rêveries. J'entends la voix de ma mère qui augmente peu à peu jusqu'à ce que je quitte mes pensées complètement et revienne sur terre :
- « Marina ? »
J'ai tout de suite plié et enfoncé dans mon petit cahier la feuille un peu chiffonnée sur laquelle j'avais dessiné des traits rapides et simples, des figures de la lune, d'un avion et d'une étoile filante qui entouraient la planète Terre. Puis rapidement, j'ai mis le petit cahier sous l'oreiller.
- « Marina ? »
L'atterrissage dura 5 secondes.
- « Oui maman ? »
Mira Garcia
16 ans
Lycée Molière de Rio de Janeiro, Brésil



