Question à Claude Gharib, physiologiste

Par rapport à vos propres recherches, qu’évoque pour vous, cet ensemble avec ce rat dans son harnais et son habitacle dans la coiffe de la fusée Véronique ?

Cet ensemble, ainsi que les premières combinaisons de vol pressurisées qui lui font face et dont une des fonctions est d’aider la circulation sanguine, résument nos recherches qui portent sur la compréhension des relations entre l’activité cardio-vasculaire et le système neuro-végétatif, et les autres données métaboliques, comme la nutrition, la température, etc. La mise en micropesanteur en est un puissant révélateur. Il faut bien voir que sans la gravité et la station verticale, nous n’aurions pas besoin de systèmes cardio-vasculaire, nerveux, musculaire et osseux aussi complexes. Même si historiquement la problématique est née avec l’observation des premiers troubles vasculaires liés aux configurations de vol des pilotes de chasse et de voltige de l'entre-deux guerres, les recherches ont véritablement débuté dans les années 1970. Nous avons commencé avec une multitude d’expériences incluant des animaux envoyés dans l’Espace. Cette expérience représente aujourd’hui un moment historique. C’est un point de départ qui devait poser un premier jalon, afin de vérifier si les hypothèses émises par les chercheurs étaient pertinentes ou pas. On a l’habitude de regarder à la télévision le départ des lanceurs de masse impressionnante dans un environnement sophistiqué. Or, dans ce musée, on voit concrètement l’animal et la coiffe de la fusée : tout est ramené à des proportions beaucoup plus modestes. Ceci permet de recadrer un peu les choses, puisque le public a accès à une échelle, un ordre de grandeur. Je recommanderai donc à tous de venir dans ce lieu pour prendre conscience de la dimension finalement « humaine » de certaines activités spatiales.

Musée du Service de santé des armées

75006 PARIS
Tél. : 01 40 51 91 39
www.defense.gouv.fr/
Installé dans le magnifique cloître de l’ancienne abbaye bénédictine du Val-de-Grâce, transformée en hôpital militaire depuis 1793, le musée du Service de santé des armées évoque les thèmes de la médecine spatiale, comme ceux de la vie accélérée ou les symptômes réversibles que les hommes présentent sur Terre après leur voyage dans l’Espace.
Le rat Hector dans sa nacelle
© CNES / S. Journoux

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